La transmission de patrimoine est souvent perçue comme un sujet qui peut attendre. C’est précisément cette attente qui coûte cher, parfois très cher, aux familles.
Et 2026 rend le sujet d’autant plus actuel : la loi de finances promulguée le 19 février 2026 a modifié plusieurs règles clés (abattements, Pacte Dutreil, fiscalité des donations) qui changent la donne pour ceux qui préparent, ou reportent, la transmission de leur patrimoine.
Au Groupe Sarro, nos conseillers accompagnent chaque année des familles et des chefs d’entreprise de la région de Montpellier dans cette réflexion. Nous observons régulièrement les mêmes erreurs de transmission de patrimoine, celles qui transforment une opération qui aurait pu être sereine et optimisée en une source de droits élevés, de tensions familiales ou d’occasions manquées. Voici les 5 erreurs les plus fréquentes, actualisées avec les nouveautés fiscales de 2026, et la manière de les éviter :
Erreur n°1 Attendre trop longtemps avant d’organiser sa transmission
Le réflexe le plus répandu consiste à repousser la question à plus tard, souvent jusqu’au moment où elle devient urgente, donc plus difficile à optimiser. Or transmettre tôt permet d’utiliser plusieurs fois les abattements fiscaux, chacun se renouvelant tous les 15 ans. Un couple qui commence à donner à ses enfants à 55 ans dispose potentiellement de deux ou trois cycles de 15 ans avant la succession, contre un seul pour qui attend 75 ans.
Pour ceux souhaitant transmettre une entreprise grâce au dispositif Dutreil (permettant de réduire de 75% la valeur de la société à transmettre) les délais ont également été revu : la durée d’engagement individuel de conservation des titres pour les donataires (ceux qui reçoivent la donation) est passée de 4 à 6 ans, ce qui retarde encore la liquidité pour les héritiers d’une entreprise familiale. Plus la préparation démarre tard, plus les marges de manœuvre se réduisent.
Erreur n°2 : mal connaître les abattements, et leurs évolutions récentes
Les abattements sont le cœur de l’optimisation successorale, et 2026 apporte plusieurs changements qu’il est utile de connaître avant toute décision.
- L’abattement en ligne directe (parent vers enfant) reste fixé à 100 000 euros tous les 15 ans. Ce montant est gelé depuis 2012 : avec l’inflation, son pouvoir d’achat réel diminue chaque année.
- Il existe toujours le don exonéré de sommes d’argent (Don « Sarkozy) qui permet de transmettre jusqu’à 31 865€ par parent et par enfant et par grand-parent par petit-enfant. Attention le donateur doit avoir moins de 80 ans et le donataire plus de 18 ans.
- Pour les beaux-enfants, l’abattement reste de 1 594 euros par personne. Le taux de taxation reste toutefois élevé (60 %) au-delà de ce montant. Un point à revoir en priorité pour les familles recomposées.
- Les dons familiaux : Un abattement supplémentaire de 100 000 € pour l’achat immobilier en complément des abattements classiques peut s’appliquer pour financer l’achat d’un bien immobilier, neuf ou ancien avec travaux de rénovation.
- Les primo-accédants peuvent bénéficier d’une exonération pour l’achat d’un logement ancien en résidence principale, jusqu’à 100 000 euros par donateur, jusqu’au 30 juin 2027.
Ignorer ces évolutions, ou continuer à raisonner avec les règles d’il y a cinq ans, conduit souvent à sous utiliser des dispositifs pourtant accessibles, ou à l’inverse à manquer une fenêtre temporaire.
Lors d’un don de sommes d’argent, il est possible d’intégrer un pacte adjoint : le donataire garde la maîtrise de la gestion des fonds jusqu’aux 25 ans du donataire. Cela est particulièrement intéressant quand les grands-parents donnent à des petits-enfants mineurs.
Le saviez-vous ? Lors d’un don quel qu’il soit, il est important de se rapprocher de son conseil pour la nature du don : don partage, don en avance de succession, don hors part successoral… Il existe différents dons et bien le choisir permet d’éviter de futurs soucis successoraux.
Erreur n°3 : oublier de protéger son conjoint
La transmission se pense trop souvent uniquement du parent vers l’enfant, en oubliant l’époux ou l’épouse survivant. Donation entre époux, démembrement de propriété entre usufruit et nue propriété, choix du régime matrimonial : plusieurs outils permettent de sécuriser le niveau de vie du conjoint sans pénaliser la génération suivante.
Ce point mérite une attention particulière dans les familles recomposées, justement à la lumière du relèvement de l’abattement applicable aux beaux-enfants évoqué plus haut : la répartition entre enfants, beaux-enfants et conjoint doit être revue à la lumière de ces nouveaux montants.
Erreur n°4 : négliger la clause bénéficiaire de l’assurance vie
L’assurance vie reste l’un des outils de transmission les plus puissants, comme nous l’expliquions dans notre article sur l’assurance vie en 2026. Pourtant, sa clause bénéficiaire est fréquemment mal rédigée, jamais mise à jour après un divorce, un remariage ou une naissance, voire totalement oubliée. Le résultat : le capital revient à une personne qui n’était plus la bénéficiaire souhaitée, ou perd une partie de son avantage fiscal.
Erreur n°5 : ne pas anticiper la transmission de l’entreprise et de l’immobilier professionnel
Pour un chef d’entreprise, la transmission ne se limite pas au patrimoine personnel : elle concerne aussi l’outil professionnel. Le Pacte Dutreil, qui permet une exonération de 75 % sur les parts d’entreprise transmises, reste un dispositif central, mais son régime s’est nettement durci depuis le 21 février 2026.
- La durée d’engagement individuel de conservation des titres passe de 4 à 6 ans.
- la loi de finance 2026 a exclu certains bien somptuaires du dispositif (yacht, bois, vins, montres, logement non affecté à l’activité…). Il est important d’analyser de façon approfondie un projet de donation avec pacte Dutreil.
Concrètement, un chef d’entreprise qui détient de l’immobilier locatif dans sa société doit désormais envisager de séparer l’outil professionnel de l’investissement immobilier avant toute transmission, sous peine de perdre le bénéfice de l’exonération sur cette partie du patrimoine.

Comment transmettre son patrimoine sereinement en 2026 ?
Chacune de ces erreurs se corrige d’autant mieux qu’elle est identifiée tôt. Un audit et stratégie patrimoniale permet de faire le point sur votre situation actuelle et sur les leviers disponibles compte tenu des règles 2026. Pour les patrimoines familiaux plus complexes, impliquant plusieurs générations, entreprise et immobilier, l’approche Family Office offre une coordination globale entre les dimensions juridique, fiscale, financière et successorale, avec un interlocuteur unique.
Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Contactez nos conseillers à Montpellier pour un premier rendez vous.
Questions fréquentes sur la transmission de patrimoine
Quel est le montant de l’abattement pour une donation à un enfant en 2026 ?
L’abattement en ligne directe reste fixé à 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Ce montant est gelé depuis 2012 et n’a pas été revalorisé par la loi de finances 2026.
Le Pacte Dutreil est il toujours intéressant en 2026 ?
Oui, il reste l’outil de référence pour transmettre une entreprise avec une exonération de 75 % de la valeur (exonération de droits de 50% si une donation est réalisée en pleine propriété, avant 70 ans), mais son régime s’est durci depuis le 21 février 2026 : l’engagement de conservation passe de 4 à 6 ans, et les logements détenus par la société sont exclus de l’exonération, sauf exceptions limitées. Un accompagnement est recommandé pour restructurer le patrimoine professionnel en amont.
Peut on encore transmettre via l’assurance vie en franchise de droits ?
Oui, l’assurance vie conserve un cadre fiscal avantageux pour la transmission, avec en 2026 une fenêtre exceptionnelle : un abattement pouvant atteindre 152 500 euros par bénéficiaire pour les donations réalisées cette année sur des versements effectués avant les 70 ans du souscripteur est en projet, mais doit encore être voté.
À partir de quel âge faut il commencer à préparer sa transmission ?
Il n’existe pas d’âge minimum : plus la préparation démarre tôt, plus il est possible d’utiliser plusieurs cycles de 15 ans pour renouveler les abattements et lisser la fiscalité dans le temps.
En résumé
Attendre, mal connaître les abattements, oublier son conjoint, négliger l’assurance vie ou ignorer les nouvelles règles du Pacte Dutreil : ce sont les 5 erreurs qui coûtent le plus cher en matière de transmission de patrimoine. La loi de finances 2026 rebat certaines cartes, dans un sens parfois plus favorable (abattement beaux-enfants), parfois plus contraignant (Pacte Dutreil). Faire le point avec un conseiller reste la meilleure façon de transformer ces règles en stratégie plutôt qu’en source de mauvaises surprises.







