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Chef d’entreprise : comment optimiser votre rémunération entre salaire, dividendes et épargne retraite ?

L’optimisation de la rémunération du chef d’entreprise ne se résume pas à choisir entre un salaire et des dividendes : c’est un arbitrage global qui touche la protection sociale, la fiscalité personnelle, la trésorerie de l’entreprise et la préparation de la retraite.

Beaucoup de dirigeants de Montpellier et de sa métropole se versent une rémunération pour couvrir leurs besoins, sans jamais la remettre à plat, alors que leur activité évolue, que la fiscalité change chaque année et que leurs besoins personnels se transforment. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs paramètres ont bougé : la flat tax sur les dividendes est passée de 30 % à 31,4 %, les plafonds de déduction du plan d’épargne retraite (PER) ont été actualisés, et les holdings patrimoniales restent un levier puissant mais encore trop peu utilisé par les dirigeants de PME. Que vous soyez assimilé salarié (président de SAS) ou travailleur non salarié (gérant de SARL, profession libérale, artisan, commerçant…) ou à la tête d’un groupe plus développé, la bonne stratégie de rémunération combine en général plusieurs leviers plutôt qu’un seul. Cet article détaille les trois grands leviers à votre disposition (salaire, dividendes, épargne retraite), l’impact du statut juridique de votre société sur vos arbitrages, et comment une holding patrimoniale peut changer la donne.

Les trois leviers de rémunération du dirigeant

Avant d’arbitrer, il faut connaître les trois leviers qui composent la rémunération globale d’un chef d’entreprise : le salaire, les dividendes et l’épargne retraite. Chacun a ses propres règles, ses avantages et ses limites.

Le salaire : une protection sociale qui a un coût

Se verser un salaire ouvre des droits concrets : couverture maladie, indemnités journalières, cotisation à la retraite de base et complémentaire, et pour un président de SAS ou SASU assimilé salarié, une affiliation au régime général. Ce confort a un prix : pour un président de SASU, les charges sociales (part patronale et salariale cumulées) représentent environ 82 % du salaire net versé (avec très peu dégressivité), contre environ 45 % de la rémunération nette pour un travailleur non salarié (TNS). De plus, ce barème est dégressif : plus vous cotisez, plus le taux baisse jusqu’à environ 22%. Cet écart de coût, souvent sous-estimé, est le premier paramètre à intégrer dans l’arbitrage.

Les dividendes : un complément fiscal attractif, sous conditions

Les dividendes échappent aux charges sociales classiques, mais ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), la fameuse flat tax, dont le taux est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % en 2025). Pour un gérant majoritaire de SARL, une règle spécifique s’applique : la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des comptes courants d’associé) reste soumise aux cotisations sociales TNS, au même taux que la rémunération. Un président de SASU, lui, n’est pas concerné par cette règle : la totalité de ses dividendes relève du seul PFU.

Bien que la SAS puisse paraître plus alléchante, cela est à regarder en détail pour chaque situation : en effet les charges sociales payées sur un dividende de SARL viennent en déduction du résultat de la société et permettent notamment de créer des droits supplémentaires pour la retraite.

L’épargne retraite (PER) : un levier fiscal immédiat et sous-utilisé

Le plan d’épargne retraite (PER) permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un dirigeant assimilé salarié, ce plafond atteint 37 680 € en 2026 (10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit le PASS 2025 à 47 100 €). Pour un dirigeant TNS, le calcul est plus favorable : jusqu’à 88 911 € de plafond maximal, grâce à une seconde enveloppe de 15 % calculée sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS (le PASS 2026 s’établissant à 48 060 €). Notre article sur la loi de finances 2026 et l’épargne retraite détaille par ailleurs les nouvelles règles qui s’appliquent aux versements effectués après 70 ans.

SASU, SAS ou SARL : le statut juridique change la donne

Le choix entre salaire et dividendes ne se pose pas dans les mêmes termes selon la structure juridique de votre société. En SAS ou SASU, le président assimilé salarié subit des charges sociales élevées sur son salaire (environ 82 % du net, cotisations patronales et salariales cumulées), mais bénéficie en contrepartie d’une protection sociale proche de celle d’un salarié classique (hors assurance chômage) et d’une fiscalité des dividendes simple, limitée au seul PFU de 31,4 %. En SARL, le gérant majoritaire relève du régime TNS : ses cotisations sont nettement plus légères (environ 45 % du net avec dégressivité), mais sa couverture sociale est globalement moins généreuse, et ses dividendes au-delà du seuil de 10 % du capital social restent taxés au même taux que son salaire. Il n’existe donc pas de réponse universelle : tout dépend du niveau de protection sociale recherché, du montant des bénéfices disponibles et de l’horizon de chaque dirigeant.

La holding patrimoniale : capitaliser plutôt que tout distribuer

Pour un dirigeant dont la société dégage des bénéfices confortables, interposer une société holding entre lui et sa société d’exploitation peut changer la donne. Sous réserve de détenir au moins 5 % du capital et des droits de vote de la filiale pendant deux ans au minimum, le régime mère-fille permet de faire remonter les dividendes vers la holding en franchise quasi totale d’impôt sur les sociétés : seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable, ce qui revient à une taxation effective d’environ 1,25 % (5 % du montant au taux d’IS de 25 %), contre 31,4 % en cas de versement direct au dirigeant. La holding devient alors un outil de capitalisation : les sommes accumulées peuvent financer de nouveaux investissements (immobilier, prises de participation, rachat d’une autre société), avant d’être distribuées au dirigeant lui-même le jour où son besoin de revenus personnels augmente. Ce montage demande un accompagnement juridique et fiscal rigoureux, et n’a de sens qu’à partir d’un certain niveau de bénéfices récurrents.

Deux exemples chiffrés pour deux profils de dirigeants

Prenons un président de SASU qui dégage 100 000 € de résultat avant rémunération et dividendes. S’il arbitre tout en salaire, le coût des charges sociales (82 % du net) réduit fortement la somme réellement disponible, mais il se constitue des droits à la retraite et sécurise sa couverture maladie. S’il privilégie les dividendes, il conserve une part plus importante de son résultat net d’impôt (flat tax à 31,4 %), mais ne valide aucun trimestre de retraite et perd l’accès aux indemnités journalières. En pratique, la plupart des dirigeants dans cette situation combinent un salaire modeste, suffisant pour valider leurs trimestres et cotiser à la retraite complémentaire, complété par des dividendes et par des versements sur un PER pour réduire leur revenu imposable.

Prenons maintenant un gérant majoritaire de SARL dont la société dégage 250 000 € de bénéfices récurrents depuis plusieurs années. Il peut limiter sa rémunération directe, interposer une holding pour faire remonter une partie des bénéfices à moindre coût fiscal, et utiliser le plafond PER TNS (jusqu’à 88 911 € en 2026) pour réduire son revenu imposable personnel les années où il a besoin de liquidités. Cette combinaison, propre à chaque situation, suppose une analyse fine de la trésorerie de l’entreprise, du patrimoine personnel déjà constitué et des projets du dirigeant (immobilier, transmission, retraite).

Ces deux exemples sont volontairement simplifiés à titre pédagogique : ils ne remplacent pas une simulation chiffrée personnalisée, qui doit tenir compte de la situation réelle de chaque dirigeant et de sa société.

Construire sa stratégie de rémunération avec un conseiller

Il n’existe pas de formule universelle : la bonne répartition entre salaire, dividendes, PER et, le cas échéant, holding patrimoniale dépend du statut juridique de votre société, du niveau de vos bénéfices, de votre âge, de vos projets personnels et de votre tolérance au risque. C’est tout l’objet d’un audit patrimonial global, qui croise votre situation professionnelle et personnelle pour bâtir une stratégie cohérente sur plusieurs années, plutôt que de reconduire chaque année les mêmes choix par habitude. Les conseillers du Groupe Sarro accompagnent depuis 2003 des chefs d’entreprise de Montpellier et de sa métropole dans cette réflexion, en lien avec leur expert-comptable et leur avocat lorsque c’est nécessaire.

Vous dirigez votre entreprise et souhaitez faire le point sur votre rémunération ? Contactez le Groupe Sarro pour un audit patrimonial personnalisé : nous analysons avec vous l’équilibre entre salaire, dividendes et épargne retraite le plus adapté à votre situation. Si votre priorité porte avant tout sur la préparation de votre retraite, notre page dédiée à la préparation de la retraite à Montpellier (www.groupesarro.com/metier/preparer-sa-retraite/) détaille également le fonctionnement du bilan retraite.

Questions fréquentes

Faut-il privilégier le salaire ou les dividendes quand on dirige son entreprise ?

Il n’y a pas de réponse unique : le salaire ouvre des droits sociaux (retraite, maladie) mais coûte plus cher en charges, notamment en SASU (environ 82 % du net). Les dividendes sont fiscalement plus légers (flat tax à 31,4 % en 2026) mais n’ouvrent aucun droit social. La plupart des dirigeants combinent les deux, dans des proportions qui dépendent de leur statut juridique et de leurs besoins de couverture sociale.

Le PER est-il intéressant même si ma société a déjà beaucoup de trésorerie ?

Oui, dans la mesure où le PER réduit votre revenu imposable personnel au moment du versement, indépendamment de la trésorerie de votre société. C’est un outil qui concerne votre fiscalité personnelle, pas celle de l’entreprise. Il est particulièrement pertinent les années où vos revenus (salaire et dividendes) sont élevés.

À partir de quel niveau de bénéfices une holding patrimoniale devient-elle intéressante ?

Il n’existe pas de seuil réglementaire, mais une holding n’a généralement de sens qu’à partir d’un niveau de bénéfices récurrents suffisant pour justifier les frais de structure et de gestion qu’elle implique. Un audit patrimonial permet de déterminer si votre situation s’y prête.

À partir de quel niveau de rémunération faut-il consulter un conseiller en gestion de patrimoine ?

Dès que votre rémunération dépasse vos besoins courants, ou que votre société dégage des bénéfices que vous ne distribuez pas intégralement, un point avec un conseiller permet souvent d’identifier des marges d’optimisation (statut, répartition salaire/dividendes, PER, holding) qui dépassent largement le coût de la consultation.

Patrick SARRO
Fondateur et Gérant du Groupe Sarro

Depuis 2003, Patrick manage et développe le Groupe Sarro avec passion et exigence. Toujours dans une volonté d’apporter un service haut de gamme, il est au petit soin de tous ses clients comme de ses collaborateurs.